Mers intérieures (Inland seas)
(concerto pour violon, orchestre symphonique & orgue) 2007

La fascination des espaces hors des limites de notre compréhension nous amène, pour pouvoir appréhender l'univers dans lequel nous évoluons, à procéder par analogie. Une des étapes les plus importantes dans cette recherche a été l'invention de la comparaison entre l'infiniment petit et l'infiniment grand. J'ai pu comprendre grâce à elle que mon corps était un univers au même titre que "l'univers". L'idée de rapprocher cette enveloppe charnelle d'une mer intérieure m'est venu spontanément ou a été induite par mes nombreuses lectures d'aventures de mer, la base de ma bibliothèque et de mon inspiration. En évoluant au cours de la vie vers le soi, après s'être dégagé des contingences de l'ego et de la représentation, après que les immenses difficultés à être dans la société qui nous entoure ont été aplanies, après avoir franchi ces détroits, ces pièges, ces accès à notre corps et à notre être profond qui nous échappent en permanence, glissant comme des anguilles ou nous refoulant par ces courants contraires qui sont comme des refus parce que notre préparation ou notre niveau de conscience supérieure est insuffisant, notre vie intérieure devient alors source de paix, de joie et de béatitude, on y entend bientôt les oiseaux de mer chanter.

Composé dans la foulée de Vertige des Saisons, Mers Intérieures est un concerto de forme classique et d'essence tonale même si les couleurs ont été fortement influencées par la musique du XX ème siècle et des œuvres précédentes dans cette nomenclature, dont le Concerto en Ré pour violon de Stravinsky, une œuvre qui m'a toujours inspiré. En ce qui concerne l'utilisation de l'orgue comme instrument complémentaire de l'orchestre, mon intérêt s'est porté uniquement sur la sonorité "Corno di notte", celle que l'on entend dans le Requiem de Fauré. Cela fait longtemps que je voulais l'associer intégralement à une œuvre parce que c'est une sonorité magique, irréelle. Elle est très aquatique, très marine à l'image des grandes fosses abyssales. Comme celles-ci, elle me parut alors parfaite pour évoquer l'inconscient, cette mer intérieure qu'il nous est si difficile d'explorer. Aujourd'hui encore, malgré les progrès de la science, nous sommes malheureusement toujours éloignés de la compréhension intime de ces univers parallèles. Des encyclopédies d'anatomie détaillent la physiologie des corps avec une précision aussi fine que la surface de la lune. Paradoxalement, on ignore toujours autant le cerveau. Même les propriétaires s'y perdent... à l'image même de notre méconnaissance du fond des mers. Je ne suis pas assez scientifique pour savoir si le jeu de mot cerveau est un lapsus scientalis mais il me parle, surtout quand on sait que cette masse gélatineuse contient plus de 75% du liquide (liquide physiologique eau de mer) à la source de la vie.

I :   Détroits (capriccio)   3'45"
II :   Calmes plats (andante)   6'23"
III :   Voiles blanches (toccata)   3'35"
IV :   Oiseaux de mer (aria)   6'42"
  Durée totale: 20'25"



  







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