Le feu sacré   - (original title : The Sacred Fire)
 concerto pour deux pianos et orchestre, 2017-2019

Le Feu Sacré* est une permanence des écrits bibliques depuis Moïse et son buisson ardent. C'est une métaphore de la vie, de la reproduction par la sexualité, de l'énergie vitale, symbolique qui réapparaît régulièrement dans l'histoire des hommes quand l'existence biologique est confrontée à son pire ennemi : le nihilisme, la négation de la création, la volonté de maîtrise politique des naissances via les manipulations génétiques et les idéologies anti naturelles, à l'instar du malthusianisme. Dans les premiers temps, on luttait contre le Veau d'Or quand la mode délétère actuelle est celle du transhumanisme... Une des manifestations les plus grandioses du Feu Sacré est celle du miracle du Saint-Sépulcre renouvelé avec certitude chaque Samedi Saint depuis le IVe siècle ap. J.C. dans la liturgie orthodoxe. Bien que la cérémonie soit ultra sécurisée et précédée de tatillonnes vérifications depuis des centaines d'années afin d'éviter une escroquerie monumentale, l'événement se déroule toujours avec une redoutable régularité. On dénonce d'un côté un montage, la prestidigitation, la triche ; on voit à l'opposé des scientifiques parmi les plus sérieux démontrer l'existence de phénomènes magnétiques et moléculaires indéchiffrables, photos et relevés spectrométriques à l'appui. Le mystère reste entier, la magie surnaturelle néanmoins demeure. Le Feu Sacré ne consume pas, n'embrase pas, ne brûle pas tout ce qu'il touche pendant 33 minutes après le début de la première flamme surgie de la pierre tombale du Christ : visages, bras, cheveux, étoffes sont caressés par elle alors qu'aucune lésion n'est constatée.

La lutte contre le nihilisme contemporain consubstantiel de la civilisation moderne du XXe siècle amène à remettre en cause le matérialisme pour réhabiliter urgemment la puissance vitale du subconscient vilipendé et moqué par les dogmes qui se voudraient remplacistes, décrétant tyraniquement l'avènement obligatoire et nécessaire d'un "nouvel homme". On ne les compte plus : socialisme, marxisme, communisme, matérialisme, scientisme, technicisme, chacun cherche à créer sa nouvelle religion millénariste, sa nouvelle ère... Son nouveau Reich ? Par contraste, les échecs humains en millions de victimes de ces nouvelles normes technocratiques impérieuses montrent un vide, celui de l'âme, du tréfonds des êtres. Celui-ci s'obstine pourtant à travers la génétique depuis l'aube de la vie, bien qu'on ne connaisse pas son origine. Il devient de plus en plus prégnant que la société utilitariste, comme unique but en soi, détruit l'âme profonde de l'humanité. Celle-ci, même au XXIe siècle « qui sera spirituel ou ne sera pas » (les mots de Malraux), a besoin de renouer avec les rites anciens afin de retrouver l'essentiel, l'essence de la vie qui se détruit dans la messe consumériste des temps modernes, celle des images, des jeux vidéos, des connexions illimitées pour émettre des SMS d'une platitude épouvantablement mortifère pour la conscience vitale des peuples. Certes on ricane plus qu'avant, mais ce rire sardonique est l'expression d'un infini mal-être.

Cette guerre contre la négation de la vie et de ses principes fondamentaux, qu'on aura trop rencontré dans la "musique contemporaine" (devenue un style macabre, atone, cloné, stéréoptypé, invariant), est l'axe principal de ma recherche musicale, un combat perpétuel, la colonne vertébrale de ma philosophie créative. J'ai toujours préféré la vie à la mort. Les symboles religieux de celle-ci me font fuir à grandes enjambées... Luttant de toutes nos forces contre le marasme imposé par ces dogmes pervers du XXe siècle adossés à des théories ne s'appuyant sur aucune réalité humaine, mathématique, spirituelle, musicale, artistique ou scientifique des temps passés, cet effort nécessaire et invariant dans le temps doit réaffirmer la supériorité de la vie sur toute autre considération. Tout est irrémédiablement lié. Tout est un, uni dans et par l'univers, malgré la variété de ses manifestations grandioses et diverses, la plupart incompréhensibles pour nos cerveaux primitifs. Il faudrait sans cesse rappeller que l'Univers ne trouve pas son origine dans les théories, étiquetages, catalogues humains et leur arrogance démiurgique... Si la spiritualité des êtres doués d'intelligence ne s'appuyait pas dans l'avenir sur les forces magiques du cosmos, si elle ne croyait plus qu'en sa science notoirement incomplète, si elle ne faisait pas confiance aux phénomènes qu'elle ne s'explique toujours pas encore dans son immense ignorance, alors l'humanité pourrait disparaître dans le maelstrom de sa fascination nombriliste. Il ne faut jamais négliger l'âme et l'esprit (animus), ils sont les premières des forces qui animent la vie. Ils dominent celle-ci quoi qu'on puisse penser par ailleurs. Dans la religion chrétienne, on appelle ce phénomène l'Esprit Saint - Spiritus Sanctus. Ce sont des mots certes, mais aussi une réalité tangible. Comment expliquer sinon la vitalité, le fonctionnement du cerveau hors de la biochimie ? Quand l'humanité cherche à s'en délier, elle voyage inévitablement vers les forces maléfiques. Elle n'est plus "dans le sens de la vie", elle la nie.

Le Feu Sacré, c'est celui qui nous unit aux forces multiformes de la nature, qui elle se reproduira toujours, avec... ou sans nous. Avoir de la passion, de l'enthousiasme contemplatif ou pour un projet, est une continuation de cette force issue du fond des âges, reproduite à chaque génération par l'ADN dont les atomes élémentaires sont en quantités infinies dans les nuages stellaires. Ne dit-on pas, d'une personne "qui marche sur l'eau" dans la vie, "qu'elle a le feu sacré" ! C'est dire que l'âme qui l'habite, invincible, indomptable, invulnérable, lui permet de s'affranchir de toutes les difficutés qui se présentent à elle sur son chemin. J'en parle en connaissance.

* Origine : Expression venant de l'Antiquité, où les prêtresses de la déesse Vesta devaient entretenir un feu continuellement, sous peine d'être enterrées vivantes. La connotation passionnelle peut être attribuée à Voltaire au courant du XVIIIe siècle.

    The Sacred Fire
    I. passafuga orientalis   9'15"
    II. lento lamento 12'15"
    III. allegro quasi presto   9'15"
 
 
Durée totale : 30'45"

     
© Photos d'archives





















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