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Dans la foule, je me glisse,
trois pardons a deux "miss"
quand j'arpente chaque jour
la rue de Levis.
Le marche bat son plein
et son coeur ne s'eteint
qu'a vingt heures quand Paris
met sa robe du soir.
Le boucher, le traiteur,
l'agrumier, le raleur
s'interpellent pour les fesses
d'une jolie "gonzesse".
L'air de rien, l'poissonnier
les a toutes faites craquer
avec sa gueule de rocker
qu'a beaucoup bourlingue.
Dans la rue de Levis,
tu vas rentrer en lice,
y'a d'la vie, y'a d'l'espoir,
du beau monde, des histoires.
Dans la rue de Levis,
y'a l'odeur des epices,
la folie des etals,
la voix du cours des halles.
Le poivrot, le clochard,
le saxo, la guitare,
le camelot t'accrochent
et te racontent leurs bobards.
Ton avenir, le pouvoir,
les sondages et les poires
s'entremellent dans ta tete
afin de te faire croire
que les pieds d'veau d'Madame
sont les plus beaux d'la rue,
que le peuple se pame
apres les avoir vus.
Commandant ton menu,
tu te vois baffouiller
"Un gigot de zebu,
un kilo d'cocotier."
Dans la rue de Levis ...
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